Jeudi 21 avril 2011 4 21 /04 /Avr /2011 09:13

Pour l'espèce de maniaque en cette science totalement inconnue des américains que je suis, c'est-à-dire la géographie, le fait d'être étranger en terre asiatique m'amuse comme un petit fou. Non, je ne vais pas vous parler de la capitale du Zimbastein, ni de la guerre impliquant la minorité virskoï en Somalie méridionale, ni de pourquoi le Moldavostan veut faire sécession du Swaziland. Non, ici nous parlons de la géographie du simple, celle du mec un peu égocentrique qui veut voir de quoi il a l'air, et histoire de donner un peu de corps à cette fascinante pratique, aussi de celui que la sociologie des clichés physiques internationaux intéresse (ça a l'air passionnant cet article, non?). Cette nouvelle discipline, j'ai nommé le « devine d'où je viens » , plus connu ici sous le sobriquet de « cai yi cai ba » (ce qui se traduit par « devine ! »), peut se pratiquer à peu près à tout moment, pour peu qu'on veuille un peu tchatcher avec nos amis chinois, ou même tout simplement étrangers.

 

Mode opératoire tout bête ; vous attendez que la curiosité naturelle de votre interlocuteur se manifeste (voire vous la suscitez de façon subtilissime en demandant d'où il/elle vient et vous laissez faire les règles internationales de politesse), et au moment où il va enfin savoir où/de qui est né le détenteur de ce visage inconnu, vous lui clouez le bec (et paraissez malicieux et divertissants, petits coquins) en lui répondant « devine ». Passé le « oh je suis très mauvais en devinettes » (98% d'occurrence en moyenne) et à grands renforts d'exhortations, le jeu peut commencer. Et ça devient marrant, aussi.

 

Avec les anglophones, en fait, ça l'est beaucoup moins puisque la plupart détectent l'accent français. Ca devient flatteur au moment où ils te situent dans un pays où les locuteurs sont anglophones natifs ou s'ils ne reconnaissent pas l'accent français qui est tout de même assez typique en anglais. Un américain m'a placé en Irlande (en fait je suis pas super sûr du compliment niveau accent...), et des scandinaves ou germanophones (généralement tous courants en anglais) qui me placent aux Etats-Unis parce que je traîne avec des Américains m'ont ainsi fait plaisir. Il y a tous les rabats-joie qui me disent « euuuh... France ? », et à mon « pourquoi tu penses ça » déçu, répondent « t'as une tête de français »... Donc, pas besoin de béret/baguette/camembert/sac Louis Vuitton pour incarner la légendaire classe française, bon à savoir.

 

Ce petit-jeu là est devenu une sorte d'habitude, un peu grâce à mon ami Brian, l'américain-dont-aucun-chinois-ne-pense-qu'il-ne-l'est, prétexte « bah non, t'as les yeux bleus ». Admirez la logique. Notons que la plupart des locaux pensent que mon autre acolyte, Alizée, est russe, ce qui a le don de la ravir au plus haut point.

 

Pour ma part, que ce soit chinois ou étrangers, tout le monde se fie à mes cheveux (à part une vendeuse de porte-monnaie qui m'a pris pour un Russe, juste pour cette raison-là, parce que j'achetais un porte-monnaie et que selon elle les Russes aiment beaucoup les portes-monnaie. Bah oui.). Et comme tout un chacun le sait, c'est évident, les cheveux bouclés c'est très latin. Je ne compte plus les gens qui me situent quasi-directement en Espagne, et quand je réponds d'un air amusé, que non, mais que c'est pas loin, on me dit « ah, je sais, Portugal ! ». Merci. Non, pas Portugal non plus, et du coup ils oublient le « c'est pas loin » et passent aux continents : « c'est en Amérique du Sud ? ». Bon, maigre consolation, au moins le jour où je serai bilingue en espagnol (rêve), je pourrais peut-être passer pour un local. Chouette alors. Là où ça devient vexant pour mon accent anglais, c'est quand les nord-américains me verraient bien mexicain. Oui donc là ça va pas aller, et la semaine dernière une étatsunienne a battu le record de stupidité en me situant... au Panama. Je ne sais absolument pas où cette greluche est allé chercher une absurdité pareille, parce que niveau probabilité on repassera, je crois pas que les panaméens soit installés en masse en Empire du Milieu. Merci donc pour ce fou rire, mademoiselle =p

 

Mais à plusieurs reprises, dont une très récente, on m'a situé un peu plus loin que l'Espagne. Car ajoutez un chouïa de barbe négligée, et un début de bronzage en ce printemps ensoleillé (autant dire été pour la Bretagne) aux cheveux bouclés, et je passe carrément de l'autre côté de la Méditerranée. Sauf que les chinois, ils ne connaissent pas le Maghreb, ils ne savent pas trop ce qu'il y a là (ils savent juste qu'il y a des musulmans, et encore, pour le nom des pays il faut pas trop leur compter dessus, mon amie Amal en sait quelque chose puisqu'on la place en Inde, bien plus connue là-bas au lieu de son Maroc !), donc ils font avec ce qu'ils connaissent. J'ai pas vraiment l'air indien, donc ils piochent un peu plus loin d'eux. Du coup, le pays qui revient le plus après les pays hispanophones/lusitanophones, et avant la France, c'est... la Turquie. Ca me fait plutôt rire, surtout que les personnes qui me placent là persistent dans la zone avant de passer aux pays hispaniques, puis de donner leur langue au chat. J'ai donc été géorgien (?), israélien et grec avant de passer à l'Espagne. La dernière chinoise a ensuite carrément fait le tour des pays proches de la France avant de ne pas trouver (Espagne, Angleterre, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Suisse, Italie), alors que l'Hexagone fait tout de même partie des 3 ou 4 pays européens dont le nom est connu par la quasi totalité des chinois. Et pour finir, pas plus tard qu'hier soir, j'ai encore été espagnol !

Par Thibaut
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Mardi 5 avril 2011 2 05 /04 /Avr /2011 17:40

Ce week-end en Chine, c'était 清明节 Qingming Jie, un festival traditionnel chinois qui consiste à rendre hommage aux membres décédés de la famille (en, théoriquement, nettoyant les tombes des ancêtres, ce pourquoi ce jour est traduit en anglais par "Tomb Sweeping Day"), ainsi qu'à sortir se balader pour profiter des premiers jours du printemps après un hiver rude. Nous avons eu un week-end prolongé après une grosse semaine (cours samedi puis vacances jusqu'à mercredi), nous en avons donc profité avec mes éternels compagnons de voyage, Alizée et Brian, pour s'évader 2 jours un peu plus au Nord, dans la ville de 山海关 Shanhaiguan, connue pour être le point où la Grande Muraille se "jette" dans la mer. C'était génial et m'a permis de voir la mer pour la première fois en Chine ! Mais je raconterai ça plus tard avec quelques photos.

 

A part ça, la routine du semestre commence à s'installer, le rythme des cours s'est un peu calmé, ce qui n'est pas franchement de trop. Je me sens vraiment chez moi dans ce petit quartier de Pékin, même si la France me manque de plus en plus... surtout la nourriture ! Donc pas vraiment de nouvelle d'importance, à la place vous allez avoir le deuxième morceau de mon aventure de cet hiver, toujours mieux en suivant en même temps les photos de l'album Facebook, dont voici l'adresse : http://www.facebook.com/album.php?aid=622702&id=554615376&l=afb86f59eb. Les paysages de cette partie du voyage font à mon avis (et de celui de beaucoup de ceux qui ont vu l'album Facebook si j'en crois les commentaires) des plus magnifiques et des plus typiques, je vous incite donc fortement à les regarder ! Bonne lecture =)

 

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Je nous avais donc laissé le 20 Janvier, dans le train qui partait du Sichuan vers  la ville de Panzhihua, dernière étape sichuanaise avant le Yunnan 云南. Le trajet fut largement plus supportable que ce que l'on craignait puisque la plupart des passagers sont descendus pendant la nuit, ce qui nous a permis d'avoir, à la fin, une banquette chacun pour pouvoir s'allonger un peu. On arrive à Panzhihua à 6h30, il fait nuit. Notre idée, c'est de juste transférer de la gare ferroviaire à la gare routière pour entrer dans le Yunnan en car. Mauvaise surprise, le transfert prend 50 minutes, pendant lesquelles nous avons un aperçu de Panzhihua de nuit ; la ville est nichée sur les deux rives d'une gorge, ce qui ne la rend pas jolie pour autant. On part vers Lijiang 丽江, pour 8 heures de trajet en car. Nos dernières impressions du Sichuan seront les hauteurs de Panzhihua, site d'établissement d'une centrale nucléaire...


Le Yunnan n'a juste rien à voir avec ces dernieres impressions ; dès que nous entrons dans la province, le bus serpente à flanc de montagne, et il n'y a qu'à regarder par la fenêtre pour être époustouflé par les paysages : ce n'est qu'une succession d'énormes vallées et cuvettes dans lesquelles se nichent des villages entourées de rizières et autres cultures en terrasse ; soit l'un des paysage les plus typique du sud de la Chine. C'est réellement impressionnant à voir en vrai, faites-moi confiance ! C'est magnifique, d'un vert intense, et ça s'étend généralement sur des hectares et des hectares. Quand on peut voir ça d'en haut, avec une vue générale, c'est génial.  Le trajet fut donc tout sauf ennuyeux avec de tels paysages à admirer ! Nous arrivons assez tôt à Lijiang.

 

Un mot sur Lijiang : c'est la ville la plus connue de cette partie du Yunnan (le nord-ouest). Concrètement, elle est la base principale de l'ethnie minoritaire Naxi, établie dans la région depuis longtemps, et son centre historique est juste hyper mignon. Ca consiste en un entrelacs de ruelles pavées, reliées par d'étroits passages, pas de petits ponts, le tout nervuré par un réseau de petits canaux. C'est verdoyant, traditionnel, mignon, bref, très joli et très agréable pour s'y balader. En plus, nous sommes en basse saison, les touristes sont donc assez peu nombreux... et pourtant, l'ambiance touristique est omniprésente. Chaque maison traditionnelle est occupée par une boutique de souvenirs, qui vend souvent la même chose que la boutique se trouvant 30 mètres plus loin, et dont les employés t'interpellent en anglais sans arrêt. On croise aussi beaucoup d'occidentaux, et parmi eux certains qui se sont installés ici, la ville étant connue comme un repère de routards. La nourriture est chère et les portions sont ridicules, à part ça. Donc le cadre est magnifique, mais l'ambiance ne donne pas forcément envie de s'y attarder. Nous nous y baladons le soir-même, en arrivant, en profitons un peu puis allons nous relaxer dans le bar musical jouxtant notre gîte, très sympa. Un sud-coréen et un canadien établis ici depuis plusieurs années jouent des reprises avec talent. Nous nous rentrons ensuite dans notre "guesthouse" pour la nuit, Mama Naxi, tenue par la fameuse "Mama" que nous ne rencontrons malheureusement pas ce soir-là... mais quelques jours après : une crème ! Elle nous cuisinera de bons petits plats pour plus que ce que l'on paye, et offre à tous ses clients un petit collier de sa confection en partant, accompagné d'une étroite embrassade ou de deux grosses bises !

 

Le lendemain, nous partons pour 2 jours de trek dans les Gorges du Saut du Tigre 虎跳峡 (Hutiao Xia). A deux heures de Lijiang, c'est une portion du fleuve Yangtsé (le plus grand de Chine) où il se trouve coincé entre 2 hautes chaînes de montagne ; le fleuve serpente donc dans une vallée particulièrement encaissée pendant une quinzaine de kilomètres. C'est une randonnée très célèbre dans toute la Chine et l'un des endroits immanquables du Yunnan. Nous démarrons la randonnée un peu en retard, vers 12h, notre petit groupe de 4 accompagnés par 2 jeunes québécois et une australienne. Dès le début, les paysages sont époustouflants ; rizières en terrasse particulièrement escarpées, fleuve azur rugissant quelques dizaines de mètres plus bas, chaîne de sommets enneigés de l'autre côté de la gorge en permanence dans notre champ de vision. Mauvaise surprise, on nous fait payer pour les photos aux points de vue les plus spectaculaires ! Deuxième mauvaise surprise, notre petit groupe de 7 se fait vite talonner par une quinzaine de randonneurs chinois.... étrange, puisque d'habitude les touristes locaux font la gorge en bus, via la route qui longe le fleuve, tout en bas. Bref, on prend une grande pause pour les laisser prendre de l'avance, puis nous sommes enfin tranquilles ! On mange notre déjeuner dans un petit village sur le chemin, délicieux ! Non loin après notre lieu de déjeuner, nous entamons la partie la plus difficile de la randonnée, appelée les 28 lacets. Cette partie est en effet particulièrement escarpée, et par endroits ça s'apparente plus à de l'escalade qu'à de la marche ! A la base de ces 28 lacets se trouve une petite échoppe isolée un peu dissimulée, où l'on nous propose à grands renforts de cris des petits sachets de marijuana très bon marché, mais qui n'a pas franchement l'air de grande qualité... bref, les québécois se laissent tenter, puis nous entamons les 28 lacets. J'ai la fierté  d'arriver le premier là-haut (wouhou !) où se trouve un autre point de vue payant, gardé par une femme de 75 ans qui fait l'ascension tous les jours (et qui vend également de la marijuana, mais que deviennent nos aînés ?!). La vue est toujours spectaculaire à chaque pas, et à partir de ce moment-là nous perdons complètement de vue l'entrée de la gorge, mais apercevons par contre son embouchure à l'opposé, où l'horizon est occupé par une autre chaîne de sommets enneigés.

 

A partir de là, c'est en grande partie de la descente, puisqu'en haut des 28 lacets, c'était le point le plus élevé de la randonnée. A noter que le chemin est ponctué de charmants petits villages à flanc de montagne, consistant souvent en un groupement de maisons entourés par des rizières en terrasse. On peut souvent trouver dans ces villages une "guesthouse" pour dormir, ce qui est assez pratique. Pour la descente, je laisse mes compagnons habituels de voyage derrière et en fait la majorité avec les québécois et l'australienne, jusqu'à un autre village, où l'on arrive vers 17h. Je les laisse continuer, attend mes 3 amies quelques minutes, puis nous décidons de pousser jusqu'au prochain village pour aller dormir à la guesthouse principale pour passer la nuit dans la gorge. Nous arrivons la nuit tombée, les derniers clients du jour ! La Halfway Guesthouse est très sympa, offre des douches chaudes et est connue pour avoir une vue époustouflante de ses toilettes, ce qui est en effet le cas ! Soirée assez calme où nous faisons connaissance avec quelques clients (la guesthouse est étonnement presque remplie), puis nous allons nous coucher, très fatigués de notre demi-journée de marche !

 

Le lendemain, je me lève pour apercevoir le soleil se lever... ce qui n'est pas très malin puisqu'il restera complètement caché par les montagnes jusqu'à 10h ! La marche du matin n'est pas très compliquée, c'est majoritairement du plat ou de la descente et le paysage n'est pas des plus époustouflants (ça reste quand même joli ceci dit !) jusqu'à la Tina's Guesthouse où nous mangeons notre déjeuner. On pourrait revenir à Lijiang dès maintenant, mais nous décidons de prolonger la randonnée en descendant voir les flots du Yangtsé, tout en bas de la gorge. On dit que c'est une descente/grimpette de 2h, mais nous serons de retour 4h plus tard ! La descente est particulièrement escarpée, à tel point qu'à 2 endroits, elle se fait via une échelle paraissant plutôt... instable. La première fait 5 mètres de haut et n'est déjà pas très rassurante... et la deuxième en fait 15 ! Avec nos sacs, c'est pas franchement pratique ; et Amal, la dernière en haut, me balance le sien, qui finira dans les arbres à côté de l'échelle ! Un vieux marchand chinois au pied de l'échelle se proposera gracieusement pour effectuer l'acrobatie qui permettra à Amal de revoir ses affaires, puis nous continuons plus bas jusqu'aux flots rugissants du Yangtsé. Le but, c'est la "pierre du saut du tigre" ; à cet endroit, selon la légende, un tigre aurait échappé à un chasseur en sautant le Yangtsé à l'endroit le plus étroit de la gorge ; à cet endroit précis donc. (30 mètres de large, ça fait quand même un joli bond). Cet endroit a après donné son nom à la gorge entière. Nous remontons par un autre chemin, payant comme la descente et l'occasion de monter sur la "pierre", chemin ne comportant pas d'échelle, mais étant creusé à flanc de falaise, avant de grimper à pic pour 40 minutes pour enfin rejoindre la route ! Quand nous arrivons tous les 4 sur la route longeant la gorge, la nuit n'allait pas tomber dans longtemps, nous avons donc trouvé un minibus exorbitant pour nous ramener à l'entrée de la gorge, puis un autre pour parcourir les 2 heures nous séparant encore de notre base, Lijiang. C'est la fin de ce trek de 2 jours, marqué notamment par la beauté des paysages ! Je vous laisse aller voir les photos !

 

Le matin du 23 janvier, nous nous séparons ; les deux belges vont au marché (où elles auront le bonheur de voir des chiens coupés en deux, des queues sanguinolentes de cheval, ce genre de réjouissances), Amal va visiter la vieille ville de son côté, et je vais en priorité chercher un moyen de vider mes cartes photos, toutes les deux pleines ! Après avoir réussi, il me reste quasiment 2 heures pour voir la ville, ce qui est amplement suffisant ; je décide donc de m'éloigner un peu pour aller au Parc de l'Etang du Dragon Noir, juste au nord de la vieille ville, un des sites les plus connues de Lijiang, notamment pour une photo type carte postale qui est la principale raison pour laquelle les chinois viennent à Lijiang. Un étang, un petit pont à arches, un pavillon traditionnel, avec des sommets enneigés en fond, et voilà. Je rentre illégalement dans le parc (via une barrière dérobée à l'arrière) avec l'aide d'une rabatteuse pour économiser 60 yuan, me balade un peu, puis revient à l'hôtel via les quartiers modernes de la ville, tout aussi sympathiques que la vieille ville et beaucoup plus populaires ! Mais ce jour est également celui où nous quittons Lijiang pour la ville de Dali 大理, un autre repère de routards à quelques heures de route. Après avoir un peu galéré, nous trouvons l'auberge, le Hump, et après avoir mangé, passons la soirée dans le bar, où je fais notamment connaissance avec une expatriée de Sciences-Po Lille à Shanghai que le hasard m'a amené à rencontrer au beau milieu du Yunnan !

 

Un petit mot sur Dali ; la vieille ville est un carré qui fut entouré de remparts, et est plutôt mignonne mais n'a rien à voir avec Lijiang en termes d'architecture traditionnelle ; et c'est également très touristique bien que moins fréquenté. Les rues principales restent mignonnes. Cependant, l'attrait réside moins dans la ville en elle-même que dans ses environs. Elle est coincée entre une très haute chaine de montagnes derrière laquelle le soleil se couche tous les soirs, et un énorme lac long de 42 km. Le jour d'après, nous décidons donc d'aller visiter les environs du lac. Nous partons en bus vers l'autre rive, dans le village de Haidong 海东, une mini-bourgade très populaire où un marché se tenait. Seuls étrangers, nous attirions tous les regards parmi la foule de villageois faisant leurs emplettes ! Nous prenons notre déjeuner là, puis partons un peu plus loin, en longeant le lac dans un tricycle à moteur, vers le Tianjing Ge 天镜阁, ou Pavillon des Miroirs Célestes, un pavillon de plusieurs étages perché sur une colline surplombant le lac, quasi en face de la ville de Dali. Un peu cher pour ce que c'est, mais le pavillon est très joli et les vues sont magnifiques. L'entrée dans le petit parc du pavillon donne accès à d'autres petits temples sympathiques au bord du lac, et également à une aberration, une énorme pagode immaculée en construction. Elle fait tout sauf naturelle dans le paysage, dépasse en hauteur le pavillon, et ne sert qu'à construire un ascenseur à l'intérieur pour offrir un peu de hauteur. Un peu inutile, mais on est habituée à ce genre d'initiatives de la part des chinois, qui ont tendance à gâcher leur lieux touristiques en voulant en faire trop.

 

Nous repartons vers Dali en traversant le lac en ferry (exorbitant !), et nous débarquons au petit village côtier de Caicun 才村, où nous flânons tout en nous réchauffant avec le soleil de l'après-midi... on atteint la quinzaine de degrés, ce que nous n'avions pas ressenti depuis plusieurs mois ! Nous revenons ensuite vers l'hôtel, où nous nous reposons avant de repartir manger (où, fatigués, nous restons scotchés devant une émission débile de dating chinoise, dans le restaurant... au secours !), puis nous allons prendre un verre dans le principal bar de la ville, le Bad Monkey. On ne dure cependant pas très longtemps, et rentrons à l'hôtel pas trop tard...

 

Le lendemain signera mes derniers moments en compagnie de mes compagnes de voyages belges. Nous quittons en effet tous Dali, mais elles, qui doivent revenir en avance à Pékin, car elle retournent en Belgique peu après, se dirigent directement vers Kunming (la capitale du Yunnan), alors qu'Amal et moi, bénéficiant d'un peu plus de temps, décidons d'aller nous réchauffer sous le climat tropical de l'extrême-sud du Yunnan, le Xishuangbanna 西双版纳. Après des adieux au moment de midi, Amal et moi partons vers Xiaguan 下关, le noeud de transports à proximité de Dali, pour monter dans... un bus-couchettes, le pire moyen de transport que j'ai jamais pris. Ils casent quasi 30 personnes couchées dans un car de taille normale ; les couchettes sont particulièrement étroites et ne laissent de place que pour le corps, très peu pour les vêtements, et encore moins pour un sac à dos. Mon petit sac à dos a donc pris la place de mes pieds toute la nuit, ce qui m'a obligé à dormir recroquevillé sur une couchette pas confortable, sur un oreiller sous lequel reposait mon stock de nourriture, stock qui n'a pas manqué de tomber sur le sol du bus à plusieurs reprises. Génial ! Arrivée le lendemain matin à Jinghong 景洪, mais ce sera pour le prochain article !

(Lien pour les photos : http://www.facebook.com/album.php?aid=622702&id=554615376&l=afb86f59eb)

Par Thibaut
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Dimanche 20 mars 2011 7 20 /03 /Mars /2011 10:13

Je prends le temps de me poser pour écrire par un dimanche un peu plus calme que les autres. Le nouveau semestre démarre vraiment sur les chapeaux de roues ; surcharge de boulot et sorties en chaîne pendant le week-end. Je me sens pas trop mal dans ma nouvelle classe, bien que ma très bonne amie du semestre dernier, Stacey, ne soit pas revenue en Chine. Je connais quand même pas mal de monde, dont un ami coréen, Minho. Ma classe contient quelques portugaises, mais dans certains cours je me retrouve l'unique occidental, entouré de japonais, coréens, thaïlandais et un kazakh. Le prof principal est juste très mauvais, il est de mauvaise foi, nous surcharge de devoirs et a des méthodes d'enseignement un peu discutables, comme obliger une portugaise à écrire au tableau avec une main blessée ou nous demander d'apprendre par cœur des textes entiers (ce que je me refuse à faire).

 

Concernant la vie dans le quartier, j'ai soudainement rencontré beaucoup de gens et me suis rapproché d'amis que je n'avais vu que modérément pendant le premier semestre. Du coup il y a toujours quelque chose à faire le week-end... Ma colocation se passe pas trop mal bien que ma coloc allemande se révèle être extrêmement étrange (sa dernière lubie a été de se couper sa longue natte avec des ciseaux, ce matin-même, j'ai été assez surpris en la voyant), mais la localisation de l'appart me satisfait tellement que je suis prêt à tout endurer ! Un petit mot sur le tremblement de terre japonais, dont on a beaucoup entendu parler ici. On a pas été touchés ici, mais vu le nombre d'étudiants japonais, on en parle un peu tous les jours. Bien que rien ne l'indique, certains ont un peu peur d'une catastrophe nucléaire, Pékin n'étant pas très loin de l'archipel nippon, mais pour l'instant rien, aucune alerte à part un canular alarmiste par portable ayant circulé parmi les étudiants. Petite note finale sur le temps : ça va beaucoup mieux, on remonte à une moyenne d'environ 10°C en ce moment... les rues recommencent à s'animer un peu plus (bien qu'elles n'aient jamais cessé de l'être en hiver) !

 

Afin de ne pas prendre plus de retard sur ce blog, j'ai envie de raconter mon voyage des vacances d'hiver ; des résumés rapides se trouvent sur mes albums Facebook, mais il y a tellement plus à raconter que ce serait dommage de ne pas le faire ! Voici donc une première partie ! Alors, avertissement ; ça n'a beau n'être qu'une première partie, c'est long. Je vous conseille, pour rendre la lecture moins monotone, de regarder en même temps  mon album photo facebook, où ce que je décris prend sans doute un peu plus de consistance. Logiquement, avec ce lien n'importe qui, même les gens qui n'y sont pas inscrits, peuvent voir les photos, je vous y invite donc ! Voici le lien : http://www.facebook.com/album.php?aid=619341&id=554615376&l=910118094f (je le remettrai en bas)

 

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Je pars le 12 Janvier de Pékin, par avion (par impossibilité d'acheter des billets de train), avec Pauline, une étudiante interprète belge. Malgré un vol un peu perturbé, nous arrivons le soir à Chengdu 成都, la capitale du Sichuan 四川, une grande région du sud-ouest de la Chine, plutôt peuplée et célèbre entre autres pour sa cuisine épicée et ses pandas. Nous retrouvons Marianne, acolyte belge de Pauline, à l'aéroport, et allons passer la nuit dans une très bonne auberge de jeunesse de Chengdu, le Mix. Malgré un accueil rendu étrange par la présence d'un faux-australien bourré un peu collant, nous prenons possession de notre chambre. Première impression : bien que la température soit plus clémente ici, la chambre est frigorifique. En Chine, bien que le nord soit glacial en hiver, au moins il y a du chauffage dans les bâtiments. Mais le sud est froid aussi en hiver, et par contre il y a très rarement du chauffage, et encore moins souvent du chauffage qui marche correctement. Bref, la chambre est frigorifique et le chauffage de l'auberge ne marche qu'à moitié. Génial ! On s'emmitoufle pour la nuit, thème récurrent de cette épopée sichuanaise !

 

Le lendemain est dédié à la ville de Chengdu. C'est une grosse ville chinoise comme tant d'autres (avec quelques millions d'habitants et pas spécialement jolie), mais plutôt agréable dans son genre. Je l'ai trouvée impressionnante de nuit en voyant ses gratte-ciels éclairés avec... audace, et tranquille de jour, verdoyante et bénéficiant d'une température clémente. Notre premier arrêt de la journée se fera au Renmin Gongyuan 人民公园 ou Parc du Peuple, un parc public à la chinoise, extrêmement animé (chants, danses, sport, etc), où mes deux compagnonnes belges se laisseront aller à participer à un faux défilé de mode sous l'œil ébahi d'une foule de chinois ! Nous finissons par prendre une tasse de thé dans le salon du parc, où nous faisons connaissance avec un guide touristique indépendant parlant anglais, qui nous a impressionné par l'amour de sa région. Ensuite, bien que le temps nous soit compté, nous rentrons dans un temple taoïste 20 minutes avant la fermeture. Très joli, le Qingyang Gong 青羊宫 est célèbre pour ses deux statues de chèvres en bronze, l'une portant chance quand on la touche et l'autre portant les attributs des 12 signes du zodiaque chinois. Le dîner est tardif, mais l'occasion de goûter un huoguo 火锅 ou « fondue chinoise », dans sa région d'origine. Ca consiste en une soupe épicée bouillante dans laquelle on fait cuire un peu tout ce qu'on veut, viande, légumes, champignons, etc. Cela compte parmi les plats traditionnels du Sichuan, et c'est doute un des trucs les plus épicés que l'on puisse manger là-bas ; il faut s'attendre à transpirer énormément pendant le repas et prévoir un peu de liquide à côté =p

 

 

Pour le lendemain, le 14 janvier, nous nous levons aux aurores, car nous devons prendre un car à direction de Jiuzhaigou 九寨沟, un site touristique important du Sichuan et connu dans toute la Chine. Au programme, 10h de bus, un trajet rendu intéressant par les endroits traversés par la route. Nous sommes en effet passés dans la région de l'épicentre d'un séisme ayant ravagé la région le 12 mai 2008. La Chine avait été bouleversée à l'époque, et nous avons pu observer que bien que le paysage reste désespérément constitué d'éboulis et de débris, la vie reprenait rapidement ses droits, le meilleur exemple étant la route que nous étions en train d'emprunter, cet itinéraire ayant été détourné pendant 1 an et demi le temps de la reconstruction. Nous arrivons le soir dans la bourgade de Jiuzhaigou, unique route bordée d'hôtels à touristes dans l'extrême Nord montagneux du Sichuan, dans une région hyper paumée. Basse saison oblige, la plupart des hôtels sont fermés et nous nous faisons héberger dans une fausse auberge de jeunesse Hostelling International, mais c'est l'option la moins chère. Après un bon repas pris à même le poële chauffant du seul restaurant ouvert dans tout le bled (ambiance un peu fin du monde), je passe la nuit la plus glaciale de ma vie. Il fait tellement froid que les tuyaux gèlent ; la réceptionniste a du venir chauffer les tuyaux des toilettes pour que l'on puisse tirer la chasse d'eau, et nous avons dû laisser couler le robinet toute la nuit pour éviter que la canalisation ne gèle.

 

La journée d'après est dédiée à la visite des vallées de Jiuzhaigou. Qu'est-ce que c'est ? C'est un parc national chinois, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, consistant en 3 vallées. Il est très connu pour offrir à la vue des touristes des paysages comptant parmi les plus féériques de Chine, voire du monde, même si les paysages d'hiver sont réputés moins spectaculaires. Ca consiste en fait à des successions de lacs, cascades et rapides, le tout entourés par une végétation multicolore et des montagnes vertigineuses. Mes photos ne rendent évidemment pas exactement la beauté du site quand on le voit en réalité ! En tout cas, qu'à cela ne tienne, on en a eu pour notre argent ; le parc est tout sauf décevant. On a commencé sous la neige, par une énorme cascade mi-gelée, la cascade Nuorilang, à l'intersection des 3 vallées du parc. Concrètement, l'eau gelée forme des stalagtites géantes en dessous desquelles l'eau s'écoule encore dans un fracas assourdissant. Nous remontons encore un peu en bus dans la vallée la plus intéressante. Après avoir négocié que les guides nous laissent tranquille en continuant à pied, en descendant par la route, nous faisons le tour de l'Arrow Bamboo Lake tous les 3. Étant absolument seuls et ne voulant pas vraiment descendre toute la vallée par la route, nous bravons l'interdit et faisons le tour des barrières menant aux chemins forestiers de l'autre côté des lacs. La fraude a cependant bon goût ; nous pouvons voir les lacs de près, nous ne croisons personne, sommes entourés par le silence, et bénéficions de scènes que très peu de monde voit en hiver vu que nous prenons des chemins interdits. On se fera choper à deux reprises, mais les gardes ne nous puniront en rien (ce qui nous d'ailleurs permis de le faire deux fois). Nous descendons donc la vallée, le long de tous ces lacs tous plus magnifiques les uns que les autres. Ils sont gelés et blanchis par la neige, reflètent les majestueuses montagnes à proximité dans leurs eaux transparentes, eaux laissant apercevoir en leurs fonds la végétation aquatique.

 

Dans le premier lac, des algues ocres tapissaient le sol et étaient coiffés d'un manteau de neige si leur sommet dépassait de l'eau, et la surface de l'eau non-enneigée reflétait les sommets environnants. Le deuxième lac, le Panda Lake, était totalement glacé et enneigé et se termine en une petite cascade, devant plus loin un rapide dévalant la pente sur plusieurs centaines de mètres à travers une végétation enneigée. En bas de ce rapide apparaît la vision la plus féérique du jour, le Five Flower Lake. Pas gelé du tout à part quelques traces blanches sur les rives, ses eaux parfaitement turquoise laissent apparaître un enchevêtrement d'algues émeraude, contrastant pleinement avec la végétation sur les rives ; mi-ocre des restes de l'automne, mi-verte des conifères persistants, avec quelques traces de neige immaculée çà et là. Le soleil s'est même invité, ce qui a réchauffé le temps et a permis au lac de scintiller sous nos yeux. On s'est carrément arrêtés une petite heure ! Le lac se termine en de petits étangs où l'eau est encore plus claire, de couleur azur, et où le fond de l'eau est jonché de troncs en décomposition que l'on voit parfaitement clairement. On repart par la route, le longs de tous ces étangs transparents, nichés au pied d'énormes pics et noyés dans une végétation ocre. Le paysage se transforme ; l'eau se déverse maintenant en un rapide large de plusieurs dizaines de mètres, elle glisse sur une énorme roche en pente, balayant quelques excroissances rocheuses et buissons au passage, scintillant au soleil. Ce Rapide des Perles se déverse en une cascade du même genre que la toute première, à moitié gelée et tout aussi impressionnante, d'autant plus que l'on a le soleil. Et c'est le moment que la batterie de mon appareil photo choisit pour me lâcher ! En descendant encore un peu, on passe à côté du Mirror Lake et du Tiger Lake, deux énormes étendues d'eau nichées entre les montagnes connues pour leurs réflexions. C'est la fin de la première vallée ; nous prenons un bus pour monter au sommet de la deuxième, où nous sommes époustouflés par l'immensité du Long Lake, un réservoir d'eau tellement massif qu'il remplit ni plus ni moins le reste de la vallée, si bien qu'on ne peut aller plus loin. Il est totalement enneigé et des sommets blanchis l'entourent. Magnifique... en redescendant, nous allons voir la Five Colour Pool, une version miniature du Five Flower Lake de plus tôt. Il ne nous reste que moins de 2 heures pour la troisième vallée ; nous allons donc la parcourir majoritairement en bus et nous arrêter aux endroits intéressants. L'endroit le plus époustouflant de cette vallée selon moi, est l'endroit ou de multiples petits lacs (genre 7 ou 8) se déversent les uns dans les autres en « escaliers ». L'eau est toujours aussi bleue et chaque lac est séparé de l'autre par une frange de végétation ocre, limite orange, qui jure parfaitement avec la couleur de l'eau.

 

C'est après cette journée intense et pendant laquelle on en a pris plein la vue qu'on sort du parc en compagnie de 3 jeunes étudiants chinois de Chengdu. L'un décide de nous accompagner pour le voyage retour en bus, et tous trois nous proposent de nous héberger gratuitement dans leur chambre d'hôtel, beaucoup trop grande pour trois. Après moultes hésitations et après avoir vu la chambre, nous acceptons finalement, mais insistons pour leur offrir le dîner. Ils nous emmèneront dans un restaurant de shaguo 砂锅 « pot d'argile », où l'on mange le contenu de multiples petits récipients en le versant sur son riz, que l'on a à volonté comme partout dans le sud de la Chine. Soirée très sympa dans leur chambre, où nous sommes obligés de parler chinois !

 

La journée du 16 janvier se passera majoritairement dans le car retour, en compagnie des deux belges et du chinois nous accompagnant, 10 heures retour particulièrement désagréables à cause de chauffeur, pas très délicat dans sa conduite, ayant visiblement un problème pulmonaire l'obligeant à cracher par la fenêtre chaque minute, affectionnant particulièrement klaxonner toutes les 30 secondes par salves de 5 ou 6, et par dessus tout pas sympa, nous ayant engueulé parce lui-même avait mal déchiré notre billet. L'un des passagers chinois a même quitté le car avant l'arrivée, et nous-mêmes nous sommes demandés si le véhicule, tellement malmené par le chauffeur, n'allait pas tomber en pièces avant d'arriver à la gare routière. Il a en tout cas réussi à tout simplement casser son klaxon qui ne faisait plus qu'un bruit de jouet d'enfant, comme à bout de souffle au bout d'une journée d'utilisation non-stop. Un autre aspect des voyages longue-distance en car en Chine, et un fil rouge dans ces régions méridionales où le trajet en bus est plus courant que celui en train, ce sont les arrêts toilettes. Les toilettes au bord de la route en Chine, elle peuvent être payantes ou non mais cela n'augure en rien du standing. Dans le meilleur des cas, on a le droit à deux pièces carrelées, une pour chaque sexe, avec une rigole au-dessus de laquelle tu t'accroupis, avec des cloisons pour séparer les personnes. Il ne faut pas trop compter sur la chasse d'eau, et si tant est que la rigole ne déborde pas déjà de tout ce que les gens y ont fait avant toi, la vue n'est généralement pas très ragoûtante. Ca, c'est si on a de la chance. Souvent, il n'y a pas de cloisons, voire pas de pièce, voire pas de chasse d'eau. Souvent, c'est juste 3 trous alignés, en extérieur. Et parfois même, les hommes et les femmes ne sont séparés que par un mince rideau flottant au vent qui ne va pas jusqu'au sol, ou par un petit muret dans lequel il manque de nombreuses briques. Génial, ça rapproche !

Enfin arrivés à Chengdu, nous retrouvons enfin Alizée, Amal et Brian (française, marocaine et américain), fraîchement arrivés de 西安 Xi'An et passons une soirée très sympa au Mix, ayant une chambre pour nous 6.

 

 

C'est maintenant le début des deux seuls jours du voyage que nous ferons à 6, avec le groupe complet. Un jour génial et un autre un peu moins !

Le 17 janvier, programme chargé. Nous nous dirigeons le matin vers la base de reproduction des pandas géants du Sichuan, la principale attraction de la ville de Chengdu. Il faut savoir que le panda géant, celui que l'on connaît tous, est une espèce gravement menacée, et que le seul endroit au monde où l'on en trouve en liberté sont les forêts du Sichuan. Cette base s'occupe avec succès de multiples pandas, pour tenter de les faire se reproduire, ce qu'ils n'ont pas l'air très enclins à faire spontanément, en tout cas pas assez pour que l'espèce survive encore longtemps. Malgré le temps maussade, pluvieux et froid, c'était mignon tout plein ! Il étaient plutôt actifs (actif pour un panda, ça se résume à bouffer du bambou assis dans l'herbe) et avaient un espace assez grand. J'ai assisté à une tentative de l'un d'eux de grimper à un arbrisseau de 2 ou 3 mètres de haut, la grosse bestiole a réussi à monter jusqu'au sommet bien que le tronc plie largement sous son poids. Il n'a d'ailleurs pas manqué de se casser la gueule =p Ensuite, nous avons vu la zone des bébés, où l'on aurait dit qu'ils faisaient exprès de se battre pour rien, dans le but de déclencher les soupirs attendris dans touristes ! Enfin, la base héberge aussi une autre race de pandas, le panda roux, un petit mammifère qui ressemble à un croisement entre un renard (pour la couleur) et un raton-laveur (pour l'aspect général).

 

Pour la suite de la journée, nous nous dépêchons de prendre un bus pour Leshan 乐山, ville à 2h de Chengdu, connue pour son fameux Bouddha géant, une statue de 78 mètres de haut sculptée à même la falaise, le plus grand du monde selon certains guides. On entre par un parc luxuriant, ambiance tropicale rendue par l'humidité ambiante et la verdure de la végétation, parsemée de sculpture plus ou moins bouddhiques de plus en plus étranges. Le chemin menant au Bouddha Géant 大佛 suit une crète, puis traverse quelques temples et jardins dans lesquels semblent passer leur journée les représentants de la minorité ethnique locale. On aperçoit d'abord la tête du Bouddha derrière une balustrade, tête massive de 10 ou 15 mètres de haut ; on se trouve au niveau du sommet de la falaise, et devons donc descendre à pic pour arriver au(x) pied(s) de la sculpture. Le chemin vertigineux en zig-zag nous permet de voir le Bouddha de près, et d'arriver à ses pieds. Impressionnant. Le panorama ne serait pas complet dans ce qui se trouve en face du grand Bouddha ; c'est une confluence de 2 fleuves, et en face de la sculpture de trouve la péninsule abritant le quartier d'affaire de la ville de Leshan, hérissé de hauts immeubles toisés par la hauteur du Bouddha. Pour parfaire le tout, le temps brumeux ajoute un côté très mystique au lieu, ambiance géniale. Nous repartons de l'autre côté, le long d'un chemin longeant la falaise, avec une vue magnifique sur le fleuve. Nous arrivons à un faux village traditionnel de pêcheurs, et à la sortie apparaît devant nos yeux un pont spectaculaire enjambant un bras de rivière. De forme originale, mais d'architecture chinoise traditionnelle, il est majestueux bien que pas énorme, et me coupe littéralement le souffle, je compare encore ce paysage à un décor de film. Il ne nous reste que dix minutes pour nous précipiter en haut de la colline de l'autre côté du pont, où se trouve un temple intéressant ; essoufflés, on a juste le temps de visiter quelques cours et d'observer quelques moines en prière avant de redescendre en quatrième vitesse, où un contact nous attend pour nous ramener à Chengdu... enfin pas vraiment, dans un quartier très périphérique un peu glauque ou nous devons reprendre un autre bus pour enfin revenir dans la capitale proprement dite. Après avoir goûté la version « brochettes » de la fondue chinoise, le 串串香 (chuanchuanxiang), nous rentrons à l'hôtel.

 

Le jour d'après, nous allons toujours à 6 dans le village de Pingle 平乐 (à prononcer pinng-leu, pas pinngueul). Il est connu pour son vieux village, apparemment charmant. C'était un peu un plan de secours, une attraction pas trop loin qui nous permettait de passer encore un jour tous les 6, et un excursion d'une journée plutôt pratique. Résultat, nous avons décidé à l'unanimité de décerner à Pingle l'award de l'endroit le plus déprimant du Sichuan. Bon, pour commencer, on a pas eu de chance avec le temps, maussade encore une fois. On a rencontré dans le bus une jeune locale qui nous a emmené manger dans un restaurant étrange où l'on nous a servi une soupe de mouton épicée encore plus étrange. La ville est mignonne mais le temps rendait tout triste, et l'animation populaire se résumait à quelques échoppes dans les ruelles principales, et autrement à des attroupements de villageois en pleine discussion autour d'un feu de bois, en manque de boulot pendant la saison basse. La vieille ville s'étend le long de la rive d'une rivière, rive tout en travaux pour que tout soit prêt pour l'été, certainement. De l'autre côté, c'est un peu plus intéressant ; moins designé pour les touristes, ce sont des enchevêtrements de maisons, cours et ruelles bordés par d'immenses champs de salades, des champs de salade à perte de vue. Quelques colline basses à proximité donnent un peu de relief au paysage, qui fait très cliché « Chine rurale ». A part ça, du même côté se trouve la principale attraction touristique du village, une reconstitution d'un hameau artisanal. Si Pingle devait décerner la palme de l'endroit dans le village qui pousse le plus au suicide, je crois que cette reconstitution gagnerait haut la main. C'était juste triste à mourir. Un chat et un chien se baladaient sur une place principale au bord de laquelle un local jouait une mélodie mélancolique au hautbois, et les rues étaient désertes, quelques « artisans » étaient là pour contenter les quelques uns d'entre nous qui se sont laissés aller à acheter une calligraphie ratée ou a goûter du 白酒 baijiu (alcool fort chinois). A noter, une grande maison avec une succession de cours et de pièces qui m'a plu, mais c'est tout. C'est donc abattu et dépressifs que nous nous échappons en bus de ce vortex spatiotemporel dans lequel tout idée de joie ou de clarté apparaît ne jamais avoir existé. Sauf qu'on laisse Brian et Alizée dormir dans l'agglomération du coin, ils nous quittent pour une excursion dans l'ouest du Sichuan, alors que nous 4 restons ensemble et voulons nous diriger le plus vite possible vers le Yunnan. Le temps commence à être vraiment déprimant, même à Chengdu...

 

Le lendemain sera mon dernier jour dans le Sichuan ; nous avons un train pour Panzhihua 攀枝花 dans la fin d'après-midi, ce qui nous laisse une petite journée de visite dans un Chengdu toujours couvert, ce qui est arrive plus de la moitié de l'année selon nos rencontres chinoises, mais nous a permis de voir des précipitations, absentes depuis plusieurs mois à Pékin au moment du voyage. Nous mangeons le midi dans un restaurant traditionnel délicieux conseillé par notre ami chinois rencontré quelques jours plus tôt, à Jiuzhaigou, et par hasard nous le retrouvons là-bas ! C'était assez surréaliste de le revoir alors que nous nous étions plus ou moins dit adieu ! Il nous a donné quelques conseils sur la visite du Temple dans lequel nous nous apprêtons a entrer... sous la neige. Ambiance hivernale et mélancolique pour cette visite donc, où j'ai pu voir des palmiers sous la neige ! Temple joli, beaucoup de choses inhabituelles, donc un souterrain abritant une grande salle avec un Bouddha doré et des étagères entières des plaquettes mystérieuses, comme une énorme bibliothèque sacrée. Ensuite, nous sommes allés visiter la place principale de Chengdu, sur laquelle se trouve une grande statue de Mao... en travaux ce jour-là, tout entouré d'échafaudages verts. Tant pis, vu qu'il nous reste du temps et qu'on a plus envie de marcher, on se pose quelques heures dans le seul McDo du monde où il sont à cours de hamburgers. Très frustrant. Nous arrivons à l'heure pour notre train, retardé de 40 minutes... et nous apprenons une fois à bord que le voyage sera plus désagréable que prévu. Plus tôt le matin même, nous avions galéré pour acheter nos billets, et nous étions finalement décidés pour un train en places DEBOUT vers Panzhihua, mais censé ne durer que 6h de temps. On était prêts à acheter des tabourets pliants et à supporter ça, 6h ça allait. Sauf qu'une fois à bord, bien qu'on ait pas eu à sortir nos tabourets grâce à des sièges libres (ouf), on a appris qu'en fait, le train arriverait à 6h... du matin, dans 11 heures ! Ce sera encore une mauvaise nuit dans un train chinois en places assises (banquettes, pas sièges individuels), la 5è depuis septembre, alors qu'à chaque fois je me dis « plus jamais ça ! »...

 

A suivre...

 

(Lien pour les photos : http://www.facebook.com/album.php?aid=619341&id=554615376&l=910118094f )

Par Thibaut
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Samedi 12 février 2011 6 12 /02 /Fév /2011 14:35

Et voilà, après 2 jours é-pui-sants de recherche a-char-née, j'ai trouvé un nouvel appartement, dans lequel je pourrai emménager demain, si tout va bien niveau réception de carte bancaire. Oui parce que tu te balades pas forcément avec 3 mois de loyer + 1 autre de caution en cash dans tes poches, tu vois, et comme j'ai perdu mes moyens de paiements... Carte bancaire que je devrais recevoir via l'Ambassade, qui sert d'intermédiaire à reculons mais qui pourrait quand même faire un effort... vu la somme en monnaie locale que je vais dépenser pour refaire ma carte d'identité. 220 yuan, ça me fait 6 bonnes douzaines de Qingdao (bière locale) dans la rue, non mais ho...

 

Bref, le nouvel appartement est au même prix que celui que je vais quitter dans 2 jours. Moins bien globalement (moins bonne vue, moins bonne exposition, plus petit, la chambre aussi, salle de bains moins moderne, dite "à-la-chinoise", c'est à dire sans bac à douche et avec la pomme quasi au-dessus de la cuvette des toilettes - pratique vous en conviendrez), il est quand même d'un bon standard pour la Chine. Ce qui fait pencher la balance est sa situation, idéale. Il est en gros situé à mi-chemin entre la partie la plus animée du quartier (centres commerciaux, bars, boîtes, restaurants, etc) et le bâtiment principal de ma fac, ainsi qu'à proximité immédiate de mon restaurant préféré et des résidences universitaires de la BLCU où à peu près tout le monde vit sauf moi. Ca vaut bien un bac à douche, non ?

 

Je quitte un peu à reculons le super appartement qui m'a hébergé pendant ces 4 mois et demi. Arrivé simple locataire, quand Andrew mon coloc australien est parti, j'ai hérité de la gestion de la location ; ce qui n'a pas été une paire de manches, mais a permis par exemple à mes parents de pouvoir dormir sous le même toit que moi quand ils m'ont rendu visite. Je quitte ainsi Craig, mon coloc anglais depuis ces 4 mois, et Yooree, petite nouvelle australo-coréenne qui a habité le grand appartement toute seule pendant que Craig et moi étions absents. J'ai aussi vu passer, pendant une courte période entre Novembre et Décembre, le japonais Tommy, un mec très gentil qui me cuisinait des plats nippons de temps en temps ! J'y serais sans doute resté si le propriétaire n'avait pas décidé d'augmenter le loyer de 2000 yuan à la fin du contrat (soit une hausse de 33%, rien que ça), et n'avait pas dans la foulée trouvé un couple chinois pour tout louer d'un coup. Ok, je me rends... Et puis, être le dernier locataire étudiant d'un appartement qui a été comme ça pendant plusieurs années a un avantage : chaque habitant a laissé au moins quelque chose dans l'appart, mention spéciale à Andrew qui a laissé en stand-by dans le salon une énorme étagère de bureau, une guitare sèche, une table pliante, un meuble en osier, des raquettes de badminton, une grosse veste, une bonne dizaine de draps/serviettes, des chausettes en vrac, des romans, des cassettes audio et à peu près tout ses devoirs de mandarin pendant 3 ans. Merci à Tommy qui a abandonné un skateboard et un ballon de foot, et à l'inconnu qui a eu la bonne idée d'acheter et de laisser une machine à café qui est désormais mienne =)

 

A part ça, la vie est douce alors que Wudaokou se réveille de la torpeur dans laquelle le Nouvel An chinois l'avait plongé. Ce matin, direction le poste de police pour enfin finaliser la déclaration de perte de mon portefeuille, intervenue avant de partir en voyage. Je n'ai qu'une adresse sur un papier pour savoir où me rendre, c'est-à-dire au poste central de Haidian, l'un des 4 grands districts de Pékin... et comme dans beaucoup de situations où on est un peu pressé par le temps et pas tout près de la zone de Pékin où l'on veut se rendre, ou simplement un peu flemmard, on prend le taxi. Petit mot sur le taxi : on pourrait croire que Pékin c'est le luxe comme ça, mais le taxi est tellement pratique et pas cher que c'est l'un des moyens de transports principaux de la ville. Je pense que je le prends même plus que le métro, qui est pourtant pas trop mal foutu. C'est une des choses qui va me faire bizarre en rentrant en France, moi qui n'avait jamais hélé de taxi avant de venir. Ces voitures jaunes sont vraiment partout ici ; je dirais qu'un gros tiers des véhicules qui circulent sont des taxis, et vu le trafic routier à Pékin, c'est pas dur d'en choper un... généralement en 1 ou 2 minutes c'est plié ! Seul défaut ; il faut tout de même avoir son temps. Ca a beau être le moyen de transport le plus rapide (sans doute surpassé par le métro sur les plus grandes distances), vu les embouteillages qui gangrènent en permanence la ville, il n'est pas rare de rester bloqué 20 minutes, voire plus, dans un bouchon.

 

Sinon, morceau choisi de ma visite au poste de police en version traduite :

- Oui, donc j'ai perdu mon portefeuille il y a un mois, et là je viens pour la déclaration de perte.

- (d'un air pas content) ah, et je peux savoir pourquoi vous ne l'avez pas faite y'a un mois ?

- ah mais j'ai essayé, mais ils m'ont envoyé loin bla bla bla, et du coup j'ai pas eu le temps parce que, euh... je suis parti voyager.

- Parti voyager, hein ? (silence pesant) Et tu es allé où ? C'était bien ? T'as de la chance !

 

Donc en gros, je suis tombé sur un policier sympa qui a fait ça plutôt vite et qui m'a laissé partir assez rapidement. Heureusement, comme ça j'ai pu aller vite rejoindre 3 amis pour manger dans un restaurant typique de la zone de Wudaokou : une pizzeria (qui se vante d'avoir les meilleures pizzas du coin - New-York style selon eux) qui, tous les midis pour la modique somme de 49 yuan (un peu plus de 5,5€, ce qui est tout de même cher pour un repas en Chine) propose 4 types de pizza à volonté, ce qui peut également s'étendre à la bière si on ajoute 5 petits yuan. La même pizzeria propose également, gratuitement, de jouer au beer-pong tous les soirs, un jeu à boire impliquant - qui l'aura deviné ? - de la bière et (à l'origine) une table et une balle de ping-pong. Bref, leurs pizzas sont effectivement très bonnes, et c'est seulement le fait d'avoir pris un petit déjeuner qui m'a fait arrêter la goinfrerie à 16 parts de pizzas (score décevant, honnêtement)...

 

Sur ce, je retourne à mes bagages. En cadeau, les dernières photos prises de mon appart-perchoir, avec Pékin enneigé (voir article précédent).

 

 

P1190478-copie-1.JPG

Paysage en bas de ma fenêtre, le lendemain de mon retour

 

 

P1190480.JPG

Surlendemain de mon retour : tout simplement le jour le plus clair qu'il m'ait été donné de voir à Pékin. Tout le brouillard s'est retiré pour une seule journée, ce qui m'a enfin permis de voir clairement les montagnes à l'ouest de la ville...

 

 

P1190482.JPG

La photo en elle-même n'a pas grand chose d'exceptionnel ; c'est le fait de pouvoir VOIR un coucher de soleil à Pékin qui l'est !

Par Thibaut
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Vendredi 11 février 2011 5 11 /02 /Fév /2011 11:10

Retour mouvementé de voyage, et un voyage inoubliable. En rapide, je suis parti le 12 janvier au soir pour Chengdu, la capitale du Sichuan, et je revenu à Pékin le 9 Février, en provenance de Kunming, capitale du Yunnan. Entre les deux destinations, j'ai eu un aperçu du Sichuan et fait un joli petit tour du Yunnan, y restant respectivement 8 jours et 18 jours. Ces deux provinces chinoises se situent au sud-ouest de l'Empire du Milieu. Le Sichuan est un peu plus central et est principalement connu pour sa cuisine épicée, et pour le tremblement de terre qui l'a ébranlé en 2008, tandis que le Yunnan possède des frontières avec divers autres pays comme le Laos, la Birmanie ou le Vietnam, est l'une des provinces les plus touristiques, mais aussi l'une des plus splendides de toute la Chine. Pour moi, le thème de ce voyage était avant tout d'aller voir des paysages époustouflants ; ce qui n'a pas manqué. J'ai également aussi eu ma dose de rencontres, et également – sinon c'est pas drôle – quelques déconvenues. J'ai pris plus de 2000 photos pendant ces 4 semaines, et ai rempli 77 pages de carnet de bord... j'écris et je mitraille sans doute trop, mais j'ai une peur constante de ne pas me souvenir correctement des merveilles que j'ai vues, c'est pour moi le moyen de me rassurer et de profiter de l'instant. J'ai voyagé en compagnie de 5 personnes (2 filles Belges, 1 Marocaine; 1 Américain et 1 Française, ma collègue de Sciences-Po Rennes), même si nous n'avons été tous les 6 ensemble que... 2 jours ! Durant ce mois de voyage, j'ai en fait testé des groupes de différentes tailles : j'ai voyagé successivement à 3, puis à 6, puis à 4, puis à 2, puis un peu tout seul, puis à nouveau à 3, un peu encore à 4 pour revenir à 3, puis tout seul pour finir à 3 ! Chacun n'ayant ni la même durée de voyage, ni les même intérêts, nous nous sommes beaucoup séparés et retrouvés... ce qui a permis de diversifier le voyage de ce côté-là également ! Si je ne laisse pas tomber comme pour les autres, vous aurez un petit compte-rendu complet ; en accéléré ceci dit si je veux pas remplir 15 articles !

 

Le retour à Wudaokou s'est fait sans problème ; et avec ce retour a fait surface un vrai sentiment de « retour à la maison ». Le quartier est un peu vide à cause de deux choses : les vacances d'hiver étudiantes, évidemment, qui sont tellement longues que tout le monde repart dans son pays ou va voyager, et la fin du Festival de Printemps ou Nouvel An Chinois, qui pour ceux qui ne le savent pas, était le 3 février cette année. Les trois-quarts des commerces sont fermés ou ont des horaires totalement différentes, la tradition étant de passer ces moments avec sa famille. La période de congé prend doucement fin, mais la Chine vit encore un peu au ralenti en ce moment ! Du 2 au 8 février, par exemple, l'échange de monnaies étrangères était très limité, et les rares restaurants ouverts ne proposaient qu'une carte réduite par manque d'approvisionnement (« Un hamburger s'il-vous-plaît » - « Désolé, on a pas de pain parce qu'on fête le Nouvel An ». Génial !). Les célébrations finissent dans plus d'une semaine, 15 jours après le nouvel an. Et, arrêtez-moi si je vais trop loin, mais le Nouvel An Chinois en Chine, c'est quelque chose. On pourrait dire que ça a l'impact d'un Noël et d'un 14 juillet réunis, en décuplant l'ampleur et la durée, même si tout se concentre sur la journée du 3.

 

Retour chez moi ne veut pas dire retour au calme, ce qui pourrait s'admettre puisque je suis encore en vacances jusque début mars. Au programme depuis ces 3 jours : recherche d'un nouvel appartement et déménagement (qui est assez fou pour revenir de voyage 4 jours avant de déménager, sans nouvel appart ?), ce qui se décante peu à peu et devrait bien se finir, continuation de divers soucis administratifs pré-départ (qui est assez bête pour perdre son gros portefeuille avant de se barrer 1 mois en Chine profonde ?), et préparation du voyage qui approche (qui est assez inconscient pour repartir en voyage sans même une semaine de break alors qu'il n'est même pas sûr d'avoir assez d'argent ?). Car oui, ce n'est pas fini, avec quasi 4 semaines de vacances restantes, ce serait quand même dommage de rester bêtement à Wudaokou, à le regarder se remplir peu à peu. Du coup, la semaine prochaine (mais je ne sais pas encore quand), je serai certainement parti en direction de la province du Guangxi, où se trouve la célèbre ville de Guilin (prononcer « gouiline »). Je vous laisse chercher ce qu'il y a là-bas si vous voulez en savoir plus !

 

Et, pendant que tout ça se précise et s'arrange au fil des jours, mon retour à Pékin a coïncidé avec un phénomène attendu depuis plusieurs mois : les premières chutes de neige de l'hiver 2010-2011. Cette année, elles se sont particulièrement fait attendre, étant les plus tardives depuis 60 ans. La capitale n'a cependant pas été épargnée par des températures tournant autour de -10°C, même si ça semble en peu mieux en ce moment. Bref, je suis plutôt satisfait de vivre encore quelques jours dans mon perchoir du 24è étage, histoire d'avoir un petit panorama de Beijing enneigé... Et dire que j'avais vu la neige plusieurs semaines plus tôt, à Chengdu, plusieurs milliers de kilomètres au sud-ouest de là !

 


Par Thibaut
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